Anne Marie est une femme d’exception, je sais je suis dans le superlatif, mais que voulez-vous? Je ressens fort les connexions et elle est particulièrement inspirante cette nana dont la vie ressemble à un roman! Elle a travaillé comme styliste pour Olivier Strelli, dîne en ami avec Elvis Pompillo, a vécu des années en Éthiopie, a un coeur gros comme ça, une capacité d’écoute à toute épreuve et la boutique la plus voyageuse que je connaisse. Quand j’arrive chez elle, c’est l’heure de la pause et j’ai renoncé à arriver chaque fois avec des chocolats de chez Carré Noir. Ça devenait dangereux pour nos foies respectifs. À chaque visite, elle m’ouvre son espace, son coeur et son intelligence avec un doux sourire presque enfantin. 

Pour la petite histoire, mon papa travaillait dans la coopération en Afrique quand j’étais enfant, aussi sa vie de voyage et son mari, Manoli, qui travaille aussi dans la diplomatie de terrain, ont forgé un pont d’amour entre nous. 

On discute inspiration, sociologie, gestion des équipes de production et philosophie de l’image. Combien de fois ne m’a-t-elle pas aidé, avec sa bienveillance, à clarifier ma vision sur un prochain shooting, à apaiser mon coeur quand il s’égarait... À être qui je suis et juste (m’)écouter. 

J’en ai les larmes aux yeux. De dieu, je vais la voir demain! 


Cet être merveilleux a ouvert il y a quelques années une boutique tapissée des tapis ramenés de voyages et remplie uniquement de mode au sens large, façonnée à la main, avec amour, dans un souci d’économie circulaire, de local, de bonne humeur contagieuse et de confort absolu. 

Elle a même choisi d’y accueillir mes bijoux et je vais régulièrement exprimer mon trop-plein de créativité, aussi bien verbalement qu’en pièces uniques, réservées exclusivement pour sa boutique.  Petit à petit elle a eu besoin de créer elle aussi, quelle bonne idée! Elle s’est associée à sa grande amie Marie Honnay, journaliste mode, pour mettre en place une marque hors norme et tellement portable. Tout y est fait en tissu ultra rare issu des chutes de grandes maisons comme Nathan (je ne vous raconte pas la qualité des matières…) dans des coupes entre les genres, toujours colorées et prêtes à vivre, ou comment piquer définitivement la chemise de son homme (à bon, elle était à toi?) . Leur pièce phare : les manteaux! Et tout, absolument tout, est monté à Liège…  Hors norme on vous dit!


Descriptif Marie Honnay


Marie est une journaliste importante de la scène journalistique belge (Marie Claire, Gael entre autres). Elle a le bagout, l’intelligence, le regard, une exigence forgée sur le terrain et une capacité à voir à travers les couches d’informations assez dingues je dois dire. Elle est aussi une prof respectée de la haute école de mode HELMO à Liège. Quand ces 2 là se sont rencontrées, Local Fatal est né. Et je leur dis merci!


  • Comment te représentes-tu aujourd’hui dans ta vie?

Je suis heureuse d’où je suis et je suis heureuse de n’avoir aucun regret. Je me dis vraiment si je mourrai demain, ce dont je n’en ai nulle envie, je ne me dirais pas « pourquoi je n’ai pas fait ceci ou cela ». Je me vois toujours dans la même dynamique qu’il y a 30 ans, avec toujours beaucoup d’envies. 



  • Quelles sont tes valeurs?

Je ne sais pas si l’Amour et l’Amitié font partie des valeurs, mais mes valeurs tournent autour de ça. La fidélité, la solidarité, ce sont deux valeurs essentielles dans mes choix d’amour et d'amitié, dans mes relations avec les humains, que ce soit perso ou pro. D'ailleurs, lorsque je me suis parfois éloignée de certaines personnes, cela a été à cause du fait qu’elles ne répondaient plus à ces valeurs.


  • À chaud, qu’est-ce qui te préoccupe pour le moment?

L’avenir de mon fils qui a 17 ans…


  • Ton projet perso préféré ever?

Le travail que j’ai effectué au monastère de Ankober en Éthiopie. Il s’agit d’un projet qui me résume. J’ai travaillé avec la communauté orthodoxe du monastère pour conserver ce qu’il appelle leur trésor. Ce qui me touche, c’est que moi je suis agnostique et que c’est en partie pour cela , en plus de mon expertise, qu’ils m’ont choisie. C’était très important par rapport aux valeurs qui allaient lier notre contrat. Ça nous a permis d’avoir des échanges. J’ai eu des discussions avec des personnes croyantes qui tenaient un dialogue très libre avec les membres du clergé et ça, ça m’a donné des ailes personnellement, surtout par rapport aux humains. 

Quand tu vois ce qui se passe aujourd’hui… Si tu veux aller bosser au Vatican, tu as intérêt à être  catho, si tu veux aller bosser au Soudan dans un milieu musulman, sur un héritage culturel musulman, tu dois l’être. Il y a des tensions liées au sexe, il a des pièces qu’on peut ou pas toucher en fonction de sa foi et de son genre. Ici, par contre, j’ai eu un accès total, au-delà du genre et de la confession. J’ai eu un accès physique et intellectuel à l’héritage culturel des orthodoxes éthiopiens. Cette ouverture a marqué mon rapport aux êtres humains. C’était dingue, le site était quasi inaccessible. Il fallait monter à dos d’âne. J’ai pu expertiser des manuscrits couverts d’or…Aujourd’hui sur le site, ils ont développé de l’écotourisme. Les jeunes qui vont en retraite se former sur le site font des concours de poèmes improvisés. Tu vois le niveau… 



  • Tu bosses sur quoi en ce moment ?

Je mets des cordons dans une robe.


  • Au niveau style: c’est quoi ton kiff ?

Un certain classicisme dans la coupe, contrasté avec des matières amusantes et exceptionnelles en termes de qualité.


  • Ton rapport avec Louise Kopij et ses bijoux?

Il y a une réciprocité par rapport au portrait que tu dresses de moi. C’est un peu facile, mais c’est vrai. Ce que j’aime en travaillant avec toi, c’est que l’on s’amuse toujours, même quand ce n’est pas facile et qu’on traverse des trucs difficiles. On se marre. Et ça, c’est essentiel dans une relation professionnelle, mais c’est contrebalancé par ta rigueur. Parfois, tu traînes un peu pour une petite pièce, mais tu es toujours présente pour les clients. J’aime les pièces un peu exceptionnelles, d’ailleurs refais-en! Avec tes pièces uniques, tu es la seule qui est en cohérence avec ce que j’essaie de faire dans le prêt-à-porter, ça colle. Les clientes qui achètent mes vêtements foncent vers tes créations. Elles sentent que ce sont des pièces uniques qualitatives avec une histoire. Les femmes disent que c’est poétique ce que tu fais. Je vois de la poésie et de la détermination. À mon avis la poésie se trouve dans ta technique, parce que tu sens le côté artisanal, les circonvolutions de fils comme ce n’est pas de l’assemblage. Et puis vient s’ajouter le fond, on sent qu’il y a plus que de la poésie. 


  • As-tu une pièce préférée dans ses collections?

La tête d’oiseau de la collection Maya. Il faut que tu m’en apportes une à la boutique!  Ou bien  « L’enfant inca », il marche toujours, c’est un classique. 

 

Retrouvez Anne Marie ici

Atelier de l'Ange D'or

35 rue Neuvice

4000 Liege

et sur le site de la marque qu'elle a créée avec Marie Honnay

https://localfatal.com/